Introduction au grand défi de l’Occident

   
 
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Dédicace aux Industriels Occidentaux
Sommaire de l’ouvrage
Introduction au grand défi de l’Occident
L’Innovation pour la Valeur Client
Le modèle économique occidental est en panne
Une industrie à réinventer
Cas pratiques
Du discours à l’action
Conclusions et espoirs
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Chaque civilisation connait son époque de gloire avant de connaître le déclin. Cette idée a été largement présentée en 1987, par Paul Kennedy auteur du livre : « Rise and Fallof the Great Powers ». Bien que les choses se soient souvent passées ainsi, autrefois, ce n’est pas une raison pour baisser les bras, et observer passivement notre déclin. Nous avons connu les sommets, depuis que la Révolution Industrielle nous en a donné les moyens. Nous devrions nous rappeler pourquoi, nous Occidentaux, avons pris, à cette époque, la place qu’occupait la Chine depuis des siècles. Si la Chine des Ming d’abord et la Chine des Qing ensuite n’avaient pas commis l’erreur stratégique de cesser d’innover et d’interdire aux esprits créatifs de naviguer sur les mers du monde, si la Chine ne s’était pas refermée sur elle même, elle aurait sans doute joué sa partie dans la révolution industrielle et elle n’aurait probablement jamais cessé d’être la plus grande puissance économique du monde. Au lieu de cela, le PIB Chinois, qui représentait 30% du PIB mondial vers 1800 et faisait des Chinois le peuple le plus riche de la terre, est tombé progressivement à 3,0% du PIB mondial vers 1978. Ce déclin, les guerres et les révolutions qui ont suivi, ont progressivement généré un milliard d’affamés et ont laissé le champ libre à l’Europe d’abord, puis aux USA ensuite, pour se développer.


Figure A - Historique du PIB des principales économies - Source: Banque Mondiale

Allons-nous être la prochaine civilisation à commettre l’erreur fatale ? Allons-nous abandonner notre industrie au sommet de sa gloire, comme la Chine a abandonné sa navigation et sa recherche du progrès alors qu’elle dominait le monde ? Sommes-nous aveugles au point de ne pas comprendre que notre modèle de civilisation est en danger, parce que notre industrie est en danger et parce que notre système de valeurs est en danger ?

La mondialisation rebat les cartes de l’économie mondiale, comme la révolution industrielle l’a fait avant elle, il y a deux siècles. Il nous appartient de défendre le modèle que nous avons construit, pour le transmettre à ceux qui viendront après nous. Notre modèle c’est d’abord la terre, ses cultures, son climat, ses océans, sa faune et sa flore. Mais notre modèle c’est aussi notre mode de vie, notre niveau d’éducation et notre capacité à aider les plus pauvres.
Notre modèle, c’est enfin notre liberté de penser, de travailler, d’inventer, de transmettre, de développer la connaissance. Depuis quelques décennies nous perdons pied. Nous perdons le sens du travail,  nous mesurons tout par l’argent, nous empruntons aux pauvres au lieu de les aider à se développer, nous construisons une société de loisirs sans avoir les moyens de nous l’offrir, nous devenons dépendants des autres pour les produits essentiels, nous ne savons plus former nos enfants, nous fabriquons des armées de chômeurs et d’assistés en tout genre, nous n’avons plus de projets ni de vision pour l’avenir. Jusqu’où allons descendre avant de réagir ? Serons-nous même capables de réagir un jour ?

Les gourous d’hier reconnaissent leur erreur. Jack Welch, PDG de General Electric de 1981 à 2001, et chef de file incontesté des grands apôtres de l’économie de marché reconnait ses erreurs….en 2009, dans le Financial Times du 13 Mars : « L’idée de fonder une stratégie sur la valeur des actions était insensée. Si on regarde les choses en face, la valeur actionnariale était l’idée la plus stupide du monde : il s’agit d’un résultat, pas d’une stratégie en soit ». C’est un peu facile de dire cela, quand on a construit sa fortune personnelle et la plus value de GE sur le développement du département GE Capital, un service financier qui a représenté plus de la moitié des revenus de GE (qui se qualifiait pourtant de société industrielle !). Avec la crise GE a perdu jusqu’à 90% de sa capitalisation. Bravo Jack ! Tout le monde trouve désormais normal de dire que la valeur économique (valeur de l’actionnaire) résulte de la valeur client que l’entreprise est capable d’inventer, laquelle valeur client ne peut elle-même être mise en œuvre que si l’entreprise domine bien les leviers de la valeur opérationnelle. Il est bien temps !
 
A suivre ...


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